mardi, février 26, 2008

Kill Bile




Mes yeux se perdent. Comme des enfants durant le bel été de leur rêves, ils plongent dans la mer de nuages. Là tout n'est qu'or et violet, bleu, rose et argenté.

Mon regard, juché à 1602 mètres, embrasse le paysage, d'une tendresse amoureuse. A perte de vue, jusqu'à ce que l'estampe se dissolve dans l'horizon, le long du fil de la vallée, dans la poussière de montagne.

La fatigue physique. Tous les muscles, fiers d'avoir contribué à cet exténuement du corps entier, jusqu'à empêcher l'être de vouloir, de refuser, de penser, de maudire. Les neurones, bercés par l'oxygène et les slaloms, vautrés sur une chaise longue dans un coin de mon cerveau, là où il y a du soleil. Et une seule évidence luit dans le reflet des lunettes noires anti-UV: désormais, il ne reste qu'à contempler...

La mémoire qui oublie. Enfin, elle s'est jetée dans l'instant, s'arrache à la durée, et n'existe même plus... Elle laisse l'esprit reposer en paix, bronzer, prendre quelques taches de rousseur, se rouler dans la neige et glisser, glisser le long de la pente interminable, glisser sur du coton sans plus toucher terre.

Mieux encore que dans les gribouillages, plus pure que dans les rêves éveillés, et tellement plus douce que l'espérance, cette sensation de reconstitution de l'être. Le samouraï médite. Il a baissé son sabre. Il se prépare au combat en cessant d'y songer. L'âme en méditation, un peu plus près du ciel, lévite.

La peur. Une peur sans angoisse, sans amertume. Juste la frayeur de l'instantané, au détour d'un virage déséquilibré, une electricité qui fait hurler le coeur. Il crie à pleines ventricules, à artère déployée, afin de faire savoir au monde entier, qu'enfin, il est vivant. Et la montagne en tremble d'un écho fébrile.

Tout semble minuscule au-dessus des nuages. Même les semaines d'angoisse interminables, même les soucis acérés comme les griffes d'un vautour, qui attendent le moment où tout vacille, où la faiblesse reprend le dessus, pour venir ronger notre vie jusqu'à ce que la tension fasse exploser les nerfs. Toute la rage et la frustration s'est noyée dans une avalanche de sérénité, et rien n'est plus assez fort pour ébranler l'inertie totale de cette stabilité surhumaine. J'en avais même oublié les étoiles...

Elle est là, elle me protège. Elle l'a toujours été, mais la pollution urbaine m'empêchait de me plonger dans sa contemplation. Elle brille de toutes ses forces, prête à me réconforter dans l'obscurité. Cette lueur incandescante, luciole collé sur l'espèce de machin bleu marine, qui a su prendre tellement de visages. Tous vos visages souriants...


... Chers lecteurs, soyez rassurés, car je ne peux plus couler ! J'ai intégralement reconstitué ma bouée de sauvetage à force de tartiflettes, de fondues, de délicieux desserts, et autres joyeusetés savoyardes...

samedi, février 23, 2008

I'm on the road again


Vous allez... me manquer. Beaucoup. Tous.

See you in a while...

jeudi, février 21, 2008

I believe I can fly...




Le temps recule. Vous savez, les aiguilles Flik et Flak qui tournent dans le sens direct. Les journées remplies de longs soupirs, de cafés et de gens marants. L'absence totale de volonté, les coups de tête et les coups de chapeau. Les journées courtes parce que remplies de rien, le temps suspendu dans les airs tel un Bubble Squid snowboarder fou.

J'attends ce moment, je m'impatiente... Je n'y avais presque même pas pensé, dans les mois qui sont passés. Le temps de m'envoler loin loin, à des kilomètres de toute rationalité humaine. Cet épuisement souverain qui vous flanque une fringale tartiflesque. Vous savez, enfin, pas le sublime qu'on lit dans la critique de la faculté de juger, ou dans les cours de Papy, non, le vrai sublime qu'on ressent de tout son être exténué dans un effort de style. C'est ça. Juste du soleil et de la neige, du style et du fromage.

Et toutes ces choses auxquelles je pensais dans mon bain, qui se sont évaporées avec la pollution. Cette pollution spirituelle qui m'encrasse le cerveau depuis presque un an, et que je vais enfin pouvoir noyer dans une avalanche (à défaut de présenter mon cerveau au Yéti, qui risquerait d'avoir peur, le pauvre).

Il y a une semaine je n'allais plus nulle part. Je n'avançais plus. J'avais peur. Maintenant je sens monter en moi la force d'anéantir quiconque se mettra entre moi et la montagne, entre moi et ma planche, entre moi et la neige. Fusion du blond et de la neige, pour le meilleur et pour le pur...

Et les gens, heureusement qu'ils sont là, les gens... merci, les gens.

samedi, février 16, 2008

Hakuna Matata...




Comme quoi, y a vraiment que la lune pour ne montrer qu'une seule face... Et tous les lunatiques peuvent l'être même de jour. Intertextualité. Echorrespondance. Tapée sur la tête à coups de téléphone. Et les ronds de carotte...

La musique. Le froid. Malaise de l'être en transe chamanique, et synchrétismes de connerie. Dur dur d'être. Une fille, pas dure dure d'être. Mais je laisserai le mot de la fin à Renaud:


"Moi j'suis amoureux de Paname
Du béton et du macadam
Sous les pavés ouais c'est la plage
Mais l'bitume c'est mon paysage
Le bitume c'est mon paysage"

jeudi, février 14, 2008



Journée de merde. Mon moi se recroqueville sur lui-même. Je n'ose plus agir, je n'ose même plus être.
Mais je tenais quand même à mettre cette image, elle est bien trouvée (vous l'avez ptet meme déjà vue...).

Je n'ai plus la force que de contempler ce petit nuage moutonnant, ce petit nuage blanc qui dit, de sa petite voix frêle: "vacances...".

Pour le reste, écoutez "everybody hurts" de R.E.M., et vous saurez peut-être comment je me sens...

mercredi, février 13, 2008





Une étoile filante, anonyme, s'en va rejoindre son anéantissement, à des milliers de jours-lueurs de là. Et toujours, Buffon, reste stable, dans son siège, qu'il pleuvent, qu'il vente, que j'ai la patate ou que tout mon être soit accablé d'un sentiment de profonde incapacité. Profonde, oui oui, toujours plus profonde chaque fois qu'on s'est réconforté à l'idée d'avoir touché le fond. Et lui, Buffon, toujours tourné vers l'est, tandis que je vieillis, que j'use mes ersatz de convers, je passe et je repasse, je passe et je trépasse à petit feu.

Simple. Tout simple. Verbe sujet complément. Simple comme une démo de maths. Simple comme une intringue racinienne. Linéaire. Droit. Mais non, pas de durée pure, pas de poudre explosive, que de l'espace, du mixte, de l'impur et du tépide.

Et vous savez, il fait tellement beau... J'aime, ce temps, vraiment, mais il me fait espérer. C'est pas trop bon, ça.

...

What's the matter with me?

jeudi, février 07, 2008




Vaporisation... Condensation. Vaporisation..............