
mardi, mars 16, 2010
Again

dimanche, mars 14, 2010
Sailor & Lula

Le jour qui ouvre les yeux, qui s'ouvre devant les yeux, et la peur du vide qui reprend, t-périodique. Longue journée de printemps, où le farniente n'est pas la seule saveur que l'on vient à goûter - but still - je crois que j'ai perdu l'habitude, de ne pas passer mars-avril dans une attente anxieuse, de n'avoir plus rien à atteindre ni rien à prouver. Plus l'habitude de la tranquillité, de la sérénité qui inquiète à force d'être trop calme.
L'expectative. Un mot imprononçable d'une puissance infinie. Ecoutez-le plus attentivement : ex-pec-ta-tive. Etre maintenue éveillée par l'attente. Savourer le présent en espérant du futur.
Je cherche quelque chose qui résonne. Comment s'orienter dans la pensée - bien plus, comment s'orienter dans la vie ? Je cherche ces conversations où l'on expose un peu de soi, un peu aux autres, où l'on accepte de se cogner à la différence. Où l'on relève le menton, acceptant de faire face à l'autre, le reconnaître, et l'écouter.
***
Se laisser porter, me disent-ils. Se laisser porter, c'est accepter l'idée de voir sa vie défiler devant ses yeux sans être le capitaine à bord, quand bien même le navire foncerait droit sur l'iceberg. Se laisser porter, s'est s'enfermer dans la réaction, ayant chassé toute possibilité d'action.
Se laisser porter, c'est réaliser à cinquante ans qu'on aurait voulu une autre vie, qu'on a laissé passer les années sans jamais faire l'effort de les saisir, qu'on a complètement oublié l'enfant qui rêvait dans nos songes, quelque part entre la boîte crânienne et le cervelet.
Panique à babord, panique à tribord, et le bon vieux réflexe d'une parole confuse et insensée, comme un lointain écho dans une crique en forme de sous-marin. Avec au moins cette familiarité rassurante avec l'incertitude, qui forme un cercle comme les saisons, bourgeonne, flamboie, retombe, s'endort puis s'éveille à nouveau.
Le doute revient, et le blog reprend vie.
- And, somehow, I'm feeling like a big fish.