
De ce jour où la campagne normande flamboya au petit matin d'un hiver peu doux;
Et de ce jour où l'amertume du café se fondit dans une cuiller de sucre
Où le Delirium Grippens fit écrire, dire, suggérer, sans plus réduire au silence de la peur et du doute. Juste le doux-te recouvre.
Se faire de la bile pendant toutes ces années – faire des bile-ans. La mélodie de la mélancolie raisonne au rythme des mails informels, informatifs, informatiquement codés. Perdre. Retrouver. Se perdre. Se retrouver. Entre soi. En soi.
Les fantômes, en choeur, sourient d'insouciances, apprennent à oublier, à evanaître dans un silence ectoplasmique. Seul un comique à grosses lunettes, un comique désabusé et abusant du second degré peut encore sourire. De cette joie pure du premier rayon, de cet or qui ne peut rester, qui toujours trahit – sa fatigue.
On s'éparpille, dans les grands espaces, entre les parois d'une boîte. Un souffle de nuage, la chaleur d'un bleu adoucit par la lumière du soir, dans un monde où tout flamboie, émerveille, se laisse prendre au piège de la photographie.
La musique, comme un mot trop de fois usurpé, répété, martelé, se vide de son sens. Ne reste que la douleur à l'arrière de la tête, et les pieds froids.
Interroger, ranger, noyer, noyeler, se recroqueviller, se protéger du froid. Et de la traînée de givre, en arc, sur le pare-brise, qui empêche de mieux discerner le lointain, d'appréhender l'inconnu en éveil.
Filer tout droit vers l'ouest, au son dissonant d'un ukulélé bleu.

