jeudi, août 28, 2008

Nobody Knows


Tandis que l'âme vibrait au coeur de mes enceintes, j'ai décroché les étoiles sur le fond bleu nuit, terni par la lumière du jour. J'ai rangé, réordonné, conçu. J'ai accepté de m'emplir d'un nouveau souffle, et d'un nouveau breuvage, dont l'onctuosité désaltère mon esprit quand les premiers rayons du jour percent à travers les volets.


"When I stepped out into the bright sunlight..."


Certains mots se corsent dans le système nerveux dès qu'ils ont perturbé le tympan, cette science synesthésique, comme une peau nouvelle qui retentit sur les jours moins glorieux. Profiteroles de Jeux de Mots, et Bêtises au chocolat. Savourez, chers amis, la pilule sera bleue.


Et ce Nen qui émane du corps et de l'esprit fusionnés dialectiquement dans une seule joie de vivre, que dire, quand on sait que le vent l'emportera sur nous, emportera les mots, si bien écrits, si bien pensés, façonnés amoureusement dans d'étranges phantasmes.


Etre incisif.

mardi, août 26, 2008

Bye Bye Love

Le traditionnel roman-photo

De retour d'un voyage sans fin, d'un itinéraire sans but, d'une quête de soi se dissolvant dans des kilomètres de goudrons où bandes d'arrêts d'urgences et lignes continues-discontinues se rejoignent dans une seule et même fuite. La fuite, c'est tout ce que je cherchais, et c'est bien autre chose qui m'a poursuivie de sa fureur de vivre. A ce stade, un petit bilan en forme de liste non exhaustive à base d'humour concentré (teneur 50%) s'impose. J'ai donc:
-mangé une fondue dans les montagnes suisses
-traversé un col enneigé et ensoleillé à 2500m avec Pink Floyd en stéréo
-acheté une chemise rouge italienne à rayures à Milan (qui n'est PAS, contrairement à ce que laisse entendre ce descriptif, un maillot de foot du Milan AC) 
-vu la pleine lune se refléter dans un lac, au bord d'une montagne, malheureusement peu photogénique de nuit (mais qui est photogénique de nuit, en même temps...?)
-connu une pointe d'émotion devant les robes de la belle Callas, sa mémoire, sa grandeur féminine.
-serré la douce Juliette dans mes bras (1500 ans de légende, dont 500 shakespeariens, et sa statue est toujours très bien conservée ! ), me suis penchée à son balcon en laissant tomber mes cheveux (trop courts, cependant)
-travaillé mon italien tout en me moquant de l'espagnolien de mon père
-traversé six pays, croisé un autostoppeur suisse en autriche, des italiens dans un restau mexicain allemand
-laissé un vendeur du Liechtenstein m'arnaquer en beauté, rien que pour le plaisir de récupérer au "FL" 2 francs suisses frappés en 1968
-paparazzité des pauvres Suisses immatriculés "BL"
-conçu un plan génial pour mettre au point mon nouveau concept de cappuccino étoilé
-songé à ma vie, à ma peine, à ma déprime, que j'ai voulu abandonner sur la route, sous les tempêtes autrichiennes, suisses, et parisiennes
-retrouvé l'appétit, repris 1kg parmi les 5 que j'ai perdus
-rêvé, le regard perdu dans la boîte à gants se reflétant dans la vitre

Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.

Depuis, je retrouve quelque once de stupidité, je ris enfin de bon coeur, je n'ai plus de frayeur en m'observant dans la glace, et j'expérimente, encore et toujours, de nouvelles recettes. Je ne suis presque plus seule. Il y a les autres, moi, et moi-même.

Et je meurs d'envie de m'acheter un ukulélé.

samedi, août 16, 2008

Why Are You So Serious >8) ?


That's right, why am I so serious? C'est juste quelques données, après tout, c'est juste quelques mois, quelques années, et quelques hormones. Mais quand oestrogène et progestérone se mélangent aux phéromones et aux déprimogènes, alors le joker, de marant, passe à flippant, et ses cicatrices sont visibles, et cauchemardesques.

Et vous voilà, sans fin, à touiller les pâtes, lire le beau temps à venir dans les bulles de Perrier, vous abreuver des performances de grands champions, en espérant que leur joie déteindra sur vous, et que les miracles vous donneront l'envie de sortir de votre canapé creux, pour créer, pour être, pour devenir. Peh. L'harmonie trop belle du ternary rhythm, qui donne le vertige, le dégoût de soi.

Et tout cela à l'encre turquoise, mesdames et messieurs. Eh oui, tout cela n'est qu'une question de volonté, d'effort. Tout cela est facile. Sauf quand la vie reprend le dessus, pour ne vous céder gracieusement que la deuxième place, l'or décoloré de la défaite.

Rien ne me pousse d'autre que l'envie de m'en sortir, l'envie d'avancer, de passer à autre chose. Mais chaque fois que je fais un pas, je me sens rejetée violemment en arrière vers la case départ, sans toucher 20.000 francs, sans pouvoir hypothéquer la rue de la paix, sans pouvoir lancer le dé, sans pouvoir perdre la mémoire. Si c'est cela que l'on appelle de la complaisance, alors oui, je me complais, mais je me sens surtout con, sans arriver à me plaire, et sans la complétude qui pourrait aller avec. Et le cercle reste atrocement parfait.

Se taire et aller mieux, autant que possible, mais j'ai toujours ce moi qui craque avant ma volonté, qui la réduit à rien, elle et son amie, la sérénité. Les roads ne divergent plus in the wood, il n'y a plus de route du tout. "Je n'suis qu'un pauvre jouet abandonné"... c'est pathétique, et pourtant ça peut serrer le coeur d'une âme fébrile. Et même en m'abreuvant, je ne me sens pas m'emplir...

Je ne devrais pas parler de cela, je devrais me taire, refouler, avancer. Mais j'essaie d'écoper mon cerveau inondé de conneries, de pensées mauves caca d'oie; parce que tant qu'il reste plein de ce poison d'ivrogne, je n'arrive pas à me concentrer sur quoi que ce soit, je n'arrive pas à m'efforcer de quoi que ce soit, je n'arrive à rien d'autre qu'à surenchérir dans l'immondice du pathos. On se rêve âme noble, on se découvre coeur faible, et ça fait mal de l'avouer. Mais s'il n'était question que d'amour propre... le voilà sali depuis bien longtemps, et, négligemment, j'oublie même de le nettoyer.

C'était l'été, et déjà, j'attendais l'automne. Quelle carence en épicurisme ! Et pourtant, ma ptite dame, on fait avec ce que l'on a, surtout quand on vient de perdre tant. C'est pas ma faute, et pourtant la culpabilité me tiraille. Le chaos: une petite impulsion, et tout devient... imprévisible.



Warning: ce qui ne tue pas peut rendre plus sérieux.