mardi, juillet 23, 2013

This Mess We're In



Couper le cordon. Accepter l'inacceptable, de laisser tomber, d'abandonner ce qui est sans espoir, ce sur quoi on n'a pas vraiment prise, malgré les élans démiurgiques qui nous aveuglent dans une folie sans humilité, humaine trop humaine. Croire qu'on a le pouvoir de changer les choses, les gens, de les empêcher de devenir de parfaits connards.

Lâcher prise.

"Tu es blessé ? Blessé par mes paroles incompréhensibles, sorties de nulle part...? Et moi, de te voir devenir un zombie, de te voir troquer le miroir de la vie contre un masque de paraître, et donner en pâture la considération de tes enfants géniaux pour la médiocrité d'une demi-vie, d'un faux amour, l'amour de la vanité, tu crois que ça ne me perfore pas la cage thoracique jusqu'à m'arracher l'aorte à la petite cuiller ?"

Lâcher prise.

"Tu ne comprends pas mes propos, ma violence ? Et moi, crois tu que je comprends que tu décides d'arrêter d'être père juste par peur de faire face aux problèmes, de grandir, d'accepter que les choses ne soient pas aussi roses qu'au paradis du déni ? Crois-tu que ça ne blesse pas les vraies personnes, celles qui souffrent la violence sans la refouler, d'avoir à éduquer des Peter Pan de mes deux qui ont décidé qu'être une grande personne, c'était déjà être beaucoup trop ?"

Lâcher prise.

"Mais d'où ça sort ? Ca sort d'un ressenti qui ne peut plus s'ignorer et ne fait que grossir dans l'ombre. D'efforts bafoués sans cesse pour essayer de te faire prendre conscience de la carapace de vide dont tu t'enrobes depuis tant d'années, par peur de la perspective de peut-être souffrir. Parce que vivre c'est quand même moins drôle que de jouer. Parce que les responsabilités ont été inventées par des gens un peu trop adultes."

Lâcher prise.

"Et à quel moment as-tu décidé qu'aimer ses enfants, c'est oublier de s'intéresser vraiment à ce qu'ils sont, qui ils deviennent et toutes ces différences qui font leur richesse ? A quel moment as-tu cessé d'être fiers d'eux et de voir tels qu'ils sont, parce que ça choquait trop ton confort de petit bourgeois ? "

Lâcher prise.

"A quel moment as-tu cessé d'être fier de moi ? Quand j'ai commencé à me sentir bien dans ma peau ? Quand j'ai commencé à m'épanouir ? Quand j'ai commencé à découvrir qui j'étais et quelles étaient mes valeurs ?"

Lâcher prise.

"Ah quel moment nos chemins dans l'espace social se sont-il séparés, toi au pôle nord et moi au pôle sud, avec l'illusion que les pigeons voyageurs pouvaient traverser la planète ? "

Lâcher prise.

"Où es-tu, toi, cet homme si génial, cet homme que j'aime du plus profond de mon être et que ça me tue de voir devenir un fantôme, cet homme qui oublie d'apprécier ses proches à leur juste valeur, et qui s'oublie lui-même dans cette mascarade ? "

Lâcher prise.

Une bouteille à la mer, sans destination. Une désillusion, l'espoir un peu moins vif. Te retrouver, peut-être, un jour. Dans vingt ans. Adieu.

mardi, avril 23, 2013

Cauchemar sociologique


Réveil en sursaut à l'heure où les simit sortent fraîchement des fours à pain. Des larmes aux coins des yeux. J'ai pleuré dans mon cauchemar, pleuré d'impuissance devant la bêtise humaine et les gens bien assis dans leur confort social ultra-sécuritaire, qui écrasent les autres d'un mot, d'un verbe, justement parce que ces autres sont "autres" par rapport à un "nous" si fier de lui-même et de ses certitudes. J'ai rêvé que mon père ne fréquentaient que des gens fermés d'esprit, misogynes, homophobes et racistes, qui se gargarisaient d'être riches avec des problèmes de riches. J'ai rêvé que mon père se laissait aspirer dans toute cette connerie et ce mépris fondamental de la diversité humaine, et que j'assistais à ce triste spectacle, dans l'impuissance la plus totale. J'avais beau hurler, pleurer, les insulter, rien n'y faisait.

Je me sens parfois violente à l'égard de certaines catégories sociales. Et très catégoriques, justement, sombrant volontiers dans les clichés les plus évidents. Sorte d'intolérance que je reproche justement à ces mêmes gens que je n'arrive pas à ne pas mépriser, malgré toute ma foi dans l'humanité et la positivité du pacifisme. Cette violence se déchaîne en moi, incontrôlable, inarrêtable, irrationnelle. Peut-être parce que je sens que certaines personnes sont l'expression même de tout ce que je cherche à ne pas être, de tout ce que je pose comme contraire à l'être humain.

Bref. Je crois que la sociologie fait des réactions chimiques plus qu'étranges, là où mes synapses entrent en connections avec mon inconscient dématérialisé. Alors, arrêter la sociologie qui travaille et transforme mon regard ? Peut-être me mettre à l'éthologie, et commencer à rêver de papillons... ?

***

Je travaille dans les effluves de café de la brûlerie du coin de ma rue. Üsküdar, deux mois après mon Grand Retour et mon coming back turc. J'ai emménagé en Asie, fait plusieurs fois l'aller-retour - presque quotidiennement - entre deux continents, observé beaucoup de choses et questionné beaucoup de certitudes. J'ai retrouvé mon semblant de cocon, dans lequel j'ai accueilli des êtres chers et fragiles, connu beaucoup de rires aussi.

Le soleil resplendit, ma (jolie) coloc lit en face de moi.

Je ferme les yeux et j'inspire profondément, je me retrouve propulsée dans une boîte Illy, devant une machine à cappuccino. Ou au coeur du bazar égyptien, où je me suis retrouvée comme aspirée par le fumet caféiné, quelques mois plus tôt. Des Italiens marrants crèchent à la maison et nous avons partagé un nargilé au cappuccino, justement.

Plein d'envies en ce moment. De réaliser des projets, de beaucoup voyager, d'apprendre à connaître et apprivoiser des cultures, des histoires, des personnes. De lire beaucoup, de voir beaucoup. Envie d'apprendre.

Envie de devenir un dragon.

Rester soleil, malgré les nuages vaporeux dans les fonds de café, qui brouillent les pistes.

Et l'appel, dont on perçoit l'écho lointain qui résonne, au bout de la vallée, de ces grands espaces, et toutes ces aventures.

L'aventure peut aussi être intellectuelle. L'aventure n'est pas autre chose que cela.

Libérer le cadenas qui ferme l'esprit, enferme dans la peur de l'autre, du monde, et du changement, et fait vieillir prématurément.

samedi, avril 06, 2013

Solitude








La fragilité de cette ligne, délicate, écorchée, chancelante, qui aime tellement qu'elle accepte de se laisser pénétrer par le fond rouge, jusqu'à disparaître, se fondre complètement dans lui, être lui et ne plus exister sans lui.

Refus de disparaître. Exister comme individualité intangible. Au risque de la solitude.

Il était une fois, un bernard l’ermite sorti de sa coquille, consolidée en carapace d’huître de plomb, pour se confronter à la vie, l’amour et la douleur. Touché en plein cœur par une étoile. Depuis, l’ermite sors de temps en temps de sa coquille, quand il est seul, ou quand personne ne s’y attend. Il n’aime pas être fragile. Il aime être touché sans être vulnérable. N’est pas prêt, encore, à tout sacrifier, à se fondre dans une surface rouge. A se faire délicat.



.




Besoin, tout le temps, de me retrouver seule. La solitude comme guide. Une peur de faire appel aux autres. Peur de déranger, peur de ne pas arriver à me débrouiller seule. Le voyage pour la solitude, le Grand Départ, et le cocon recréé dans une chambre aussi. La fuite des autres, quand les paroles ne suffisent plus à couvrir le brouhaha qui parasite l’intérieur de la tête. Ce dialogue avec soi qui se déploie malgré soi, dialogue avec l’absurdité, le nez en l’air, consciente du monde qui passe – danse autour de soi, sur le feu de Maria – et pourtant en coupure, en retrait par rapport à lui, un écran mental qui sépare deux dimensions parallèles, pellicule psychique que l’on appelle bulle, et qui reflète les couleurs du monde au soleil, en les difractant, sans les laisser pénétrer en son cœur, de peur d’éclater.



.




Je me rends compte de tout ce que j'arrive à faire en travaillant avec d'autres, et pourtant, demeure ce vertige de l'indépendance, ce refus de remettre mon sort entre les mains d'autrui. Peur de l'interrelation, peur de la vulnérabilité. Accepter, se fondre dans le trop plein des autres, l’absorber jusqu’à plus soif ou plutôt jusqu’à l’écœurement. Mais machinalement le refus de laisser mon trop plein à qui que ce soit. Pas par manque de confiance ni par manque d’amour. Mais la pudeur. La gène de soi avec soi et donc de soi imposé aux autres.

Et un constat tout simple : j’arrive mieux à comprendre les autres que je n’arrive à me comprendre moi-même, et je n’imagine pas une seconde que les autres puissent m’aider dans cette voie. Ou tout simplement le refus viscéral de remettre mon sort entre les mains de qui que ce soit. Je le voudrais pourtant. Mais la liberté et l’indépendance sont inscrites au fer blanc dans ma chaîne ADN, pulsent dans mes vaisseaux sanguins à soixante-sept battements par minutes.



.




La voyante aux yeux marron s’est enrobée dans un voile de volutes cigaresques quand elle a attrapé de sa main délicate décorée de bijoux, l’avenir dans le fond de ma tasse. Le marc de café dessinait dans ses yeux qui voient au-delà du perceptible humain, des mondes des personnes des lieux des aventures. Des êtres chers devinés, souffrants, dans l’attente. Des conflits, des voyages, des montagnes à gravir et de mauvais chemins à ne pas emprunter. Chaque parole touchait en plein cœur de la cible. A la surface de ma peau, chair de poule. En dessous, fébrilité, tremblements de cette vulnérabilité au goût si étrange, si inhabituel dans cette fable que je me raconte à moi-même, d’une force intangible.

Un bracelet aux yeux bleus d’argent qui faisait virevolter mon destin entremêlé dans des portions de réalité si crûment clarifiées, si criantes, hurlantes, même, dans le silence de ma tête, de vérité. Labyrinthe de mon esprit, sentiers tressés d’être chers.

« Si ça marche aussi bien avec toi, c’est peut-être qu’on a une connexion. D’habitude quand je le fais à d’autres gens ça ne marche pas si bien. »

Les conflits non résolus qui ressurgissent, toujours plus fort, et la figure de la voyante, plus forte, beaucoup plus forte qu’une partie de Loup Garou.

Tant d’histoires à écrire, raconter, dessiner. Des mondes réels imaginés, rêvés, fantasmé ou vécus, qui s’ouvrent devant moi. 

samedi, mars 30, 2013



Assise devant le meilleur petit déjeuner du monde, après une nuit de onze heures. Le simit frais et le pain chaudement sorti du four côtoient confitures de framboise et figue, caramel au beurre salé breton, purée d'olives, tomates, concombre, fromage frais, fraises, jus d'orange pressé par mes soins, et café turc aux arômes chocolatés. Ce serait encore meilleur partagé, mais mes colocs adorés ont été assassinés par la longue nuit. 

Le temps paraît un peu suspendu, comme les mouches qui flottent aléatoirement dans le salon, et le rideau ensoleillé qui danse. C'est une très belle journée, une journée de printemps.

A mon réveil, dans mon sommeil, dans les minutes floues de la nuit et les heures si précises du jour, je me berce des sons qui m'entourent. Un muezzin, des gamins qui jouent, des gens qui festoient, des bestiaux qui font toutes sortes de bruits aléatoires. Des cris sensuels qui viennent troubler le silence de la nuit, de jouissance, de plaisir. Rêvés-fantasmés, ou tout simplement attrapés au vol entre deux sommeils paradoxaux, avec l'attendrissement que suscitent les contradictions humaines. 

Car malgré mes efforts pour rechercher une logique dans mes actes, mes choix, ma vision du monde, pour reconstruire tout artificiellement l'unité de ce fil censé matérialiser notre vie (il n'y a qu'un tisseur de tapis pour avoir une idée aussi saugrenue), je reste profondément attirée par la contradiction et le paradoxe qui façonnent les êtres humains, pétris d'incohérences jusqu'au plus profond de leur être. 

Pointer du doigt, moquer ces incohérences est une chose si facile, si tentante, pour se rassurer dans son humanité qui juge, dans sa supériorité momentanée, qui écrase ceux qui nous écrasent tout le reste du temps. 

Mais tenter de comprendre, de pardonner leur humanité à ces êtres qui nous touchent justement par leur imperfection, leurs invectives contraires, leurs violences et leurs joies. Ces êtres qui nous attrapent viscéralement par leur infinie Absurdité, se fondre dans chacun de leurs actes qui ne mènent nulle part qu'à l'incompréhensible instant présent, insaisissable parce qu'il s'évertue à ne pas faire sens avec ses petits camarades.
Pardonner n'est pas oublier, ni tout laisser couler comme un évier qui fuit. C'est un mouvement plus profond, plus empathique, parfois plus douloureux de pardonner aux autres de ne pas agir comme nous, de ne pas être nous, et ainsi s'identifier bien davantage à eux, être eux en étant humain, et comprendre que s'il n'y a pas de logique dans leur comportements, cela ne les empêche pas d'être mus par une profonde nécessité. 

Pardonner même à ceux qui ne nous pardonnent pas d'être faibles, parfois.

Je contemple, attendrie, les juges pris la main dans le sac de leur illogisme, syllogismes, dans le mystère de la disjonction profonde entre l'acte et la parole, les principes prescrits et ceux réellement respectés. J'essaie de ne pas juger les juges qui jugent de tout sauf d'eux-mêmes. Sourire amusé. Ces juges sont attendrissant parce qu'ils sont si profondément humains. 


*** 

Apprivoiser les mots de nouveau, la parole bleue comme un ciel d'oiseaux migrateurs. La musique du silence qui s'éteint en imperceptible decrescendo, et les mots qui reviennent, fébriles, titubants, nouveaux-nés dans ce monde qui ne s'est pas arrêté de tourner pour leur beaux yeux collés.

Qui sait, au bout, peut-être, une aventure ?


jeudi, mars 28, 2013

Dur (stop)




Ces instants, ces moments, ces périodes, que j'emporte avec moi, incorporés dans les cellules de ma peau par petites sensations frissonnantes et qui donnent une présence, même à l'absence.
Peu de plaisirs plus grands que de pouvoir prendre sans se soucier et donner sans compter.
Les choses que les mots n'expriment pas, et les silences où tout n'est que sensations. La fausse ingénuité et les diamants d'innocence.

En quelques minutes, propulsée un peu plus près du soleil. Là où l'on peut croire à l'innocence, aux relations qui ne font pas mal, à l'amour sans condition et sans douleurs. Là où tout est suspendu, même le temps, vaporeux entre deux nuages. Là où la lumière tombante rend toute consistance crémeuse et recouvre d'or tout ce qui est. Aurore, crépuscule, magique à chaque nouvelle fois, si précieux parce qu'on sait que nothing gold can stay.

Pégase vole dans un ciel d'une pureté angélique. Ange ou démon, au fond ?
Se laisser toute imprégner des couleurs, sans y attacher de sens, sans qu'elles ne se ternissent, sans qu'elles cessent d'être si réconfortantes et de se marier si bien avec la musique. Tu es toujours là, tu seras toujours là. Sois toujours là.

La peur de perdre ce qui est le plus précieux. Cette peur, la plus insurmontable de toutes.

Même la peur de mourir paraît, en ce moment, si dérisoire. L'avion pourrait bien se crasher. En ce moment où mon esprit de sacrifice si débile me fait sentir que je donnerai mille de mes vies pour que les gens que j'aime aillent bien. C'est ça, n'être qu'amour. Un coeur d'artichaut enrobé de marshmallow, jusqu'à en vomir.

Trop de sensations, trop de morts et de renouveau, d'un coup. Des changements si soudains, l'univers et les astres qui s'effondrent pour de nouveaux Big Bang. Contraction, et expansion. PAF. Un nouvel univers.

Je ne pensais pas avoir besoin du paradis de la Stupidité de nouveau. Je l'ai ouvert pour pénétrer la faille dans le béton armé, pour partager mes doutes et mes peurs, quelques émerveillements. Pour arriver à dire à voix basse et à chacun ce que je ne pouvais dire tout haut et à tous.

Maintenant j'ai besoin d'un buvard pour épancher ce trop plein émotif, trop vif, d'un seul coup. Je déborde de tous les sentiments des autres. Je déborde comme les larmes débordent de mes paupières, retenues quelques instants par la tension de surface, puis qui s'élancent dans le vide, incertaines, pour venir s'écraser sur un bout de jean, rouler jusqu'au précipice de mes joues, se fondre dans une écharpe bleue et turque à grosses mailles.

Un temps à n'avoir plus peur de mes faiblesses ne les efface pas pour autant. Quand j'oscille entre fébrilité infinie et force considérable, comme un flocon de cristal qu'un souffle de froid suffirait à fissurer en mille particules, volant en éclats.

Le rideau se lève, de nouveau. Car le temps cyclique n'est finalement que répétitions. Et que tout ce qui fait profondément sens doit sans cesse être remis en question.

Cette rage de vivre qui ramène à la route. Aller de l'avant sans faire fi du passé, et, au passage, s'arrêter pour cueillir, recueillir, le présent dans le creux de la main.

Ma ligne de vie a toujours été deux fois plus courte que ma ligne d'amour, qui semble n'avoir ni début ni fin. Vous en tirez le fil, et c'est à vous, non à moi, d'en prendre soin. Parce qu'il semblerait que malgré tous mes efforts, et par une ironie bien encastrée dans son ciré jaune, la personne dont je suis le moins capable de prendre soin attache une valeur infinie au fait de prendre soin de vous.
Cette couverture, carapace, dont j'ai mis tant de temps à me débarrasser, que j'ai fracassée avec tant d'efforts dans une foi naïve en l'humanité, parfois, la nuit, me tiendrait chaud.

***

Continuer à écrire, jusqu'à ce que ce trop-plein de sensations se tarisse. Jusqu'à ce que cette fièvre d'épanchement s'évapore complètement. Jusqu'à ce que l'éponge soit essorée de toutes les joies et peines. Poser le gros sac trop lourd sur le bord de la route.

Un petit tourbillon mélanthropique d'émotions et de sensations, de sentiments qui palpitent à la jonction de l'aorte et des tissus cardio-musculaires, tout injectés de sang. pom pom. pom pom. pom Pom. Pom Pom. Pom POM. POM POM.

Stop. Inspirer toutes les couleurs du monde, comme tout bon Alchimiste qui se respecte. Stop.
Expirer tout la noirceur des globules rouges imprégnés de carbonique. Stop.
Retenir son souffle, ce courant frais, pour emplir les poumons d'un peu de pureté, et atomiser en quelques secondes les petites particules de contradictions qui composent les grands tiraillements intérieurs. This place doesn't make sense for me no more, senor.
Dilater les heures, décontracter le coeur, pétri de ces paradoxes constants entre tendreté et ruptures brusques, entre douceur et violence, entre amours partagés et peines auto-infligées qui éclaboussent les gens autour, tâches d'encre indélébiles.
Expirer, oublier, fermer les yeux, balayer le souvenir qui revient éternellement à la charge comme un message d'erreur Windows. En plus grotesque.

Retranscrire les mots et les pensées qui s'entrelacent dans la petite brume grise, jusqu'à épuisement de l'envie et du besoin. Partager aussi les nerfs à vif, cachés derrière les sourires bienveillants. Par amour de la sincérité. Ou parce que je finis par m'écoeurer moi-même de ce mélange de guimauve à l'artichaut.

Se remettre dans un dialogue surréaliste avec des inconnus que je voudrais apprivoiser. Parce qu'on ne se comprend jamais mieux qu'entre anonymes.

Au nom de Pégase et de la liberté qui flottent au-dessus des nuages, un peu plus près des étoiles.